Bon, on va pas tourner autour du pot : Dragon Ball Daima fait jaser. Pire : le co-réalisateur Yoshitaka Yashima a lâché dans le commentaire audio du Blu-ray qu’il avait littéralement « perdu des morceaux » de l’histoire originale. Pour un univers aussi suivi que celui de Akira Toriyama, la phrase résonne comme un Kamehameha en pleine figure des fans.
« J’ai perdu des morceaux » : la phrase qui a secoué la sphère otaku
La bande son dévoilée au Japon confirme la sortie de route : Yashima avoue qu’il avait décroché de la saga avant de revenir sur Dragon Ball Super. Entre deux rires nerveux, il raconte que l’équipe junior devait sans cesse le reprendre : tel combat mal placé, telle transformation oubliée. Cette honnêteté surprend. Mais elle souligne surtout à quel point la licence, portée par Toei Animation et Shueisha, est devenue tentaculaire depuis 1984. En 2025, suivre chaque arc demande presque un diplôme de l’Académie de Kamé Senin.
Les réseaux se sont emballés. Sur Crunchyroll, les commentaires explosent. Chez Funimation et VIZ Media, les community managers jonglent entre mea culpa et hype. Même Bandai a dû rassurer les collectionneurs : la ligne de figurines reste fidèle au lore. Preuve que trois mots peuvent faire trembler un empire multimédia.
Un univers trop vaste ? Quand la chronologie échappe à ses créateurs
L’aveu de Yashima révèle une réalité simple : quarante ans d’histoires, d’OVA, de films coproduits avec Namco pour les jeux, ça s’empile. Chaque spin-off, chaque crossover, chaque retcon ajoute une couche. Résultat : même les plus anciens artisans peuvent se perdre. Souviens-toi du débat autour du Super Saiyan God : mangaka, animateurs et matériel promotionnel ne disaient pas toujours la même chose. On frôle le syndrome comics américain.
Pourtant, cette complexité nourrit aussi la créativité. Les scénaristes de Daima piochent dans le passé pour propulser Goku gamin dans le Royaume des Démons. Le twist sert de passerelle entre nostalgie Dragon Ball premier du nom et puissance Dragon Ball Super. En clair : une chasse au trésor XXL où l’on retombe amoureux des bastons à l’ancienne.
Le public exige une cohérence. D’où l’importance de plateformes comme Manga Plus qui mettent à jour les chapitres en simultané. Sans cet archivage, impossible de suivre la trace des boules de cristal.
La relève corrige le maestro : clash ou osmose ?
Dans le studio, la scène est presque comique : Yashima propose une idée, un animateur fraîchement débarqué de l’école d’Osaka lève la main : « Sensei, c’est incohérent avec l’arc Cell ». On pourrait croire à une guerre des générations. En réalité, c’est le carburant de Daima. L’expérience de vétérans ayant taffé sur les long-métrages Broly se mêle aux références TikTok d’artistes qui ont grandi avec le doublage de Banpresto sur Game Boy Advance.
La co-réalisatrice Aya Komaki, connue pour One Piece Film : Red, l’avoue : son rôle est de faire le pont. Elle sollicite les archives Shueisha, consulte les guides V-Jump, puis tranche. Ce ballet collectif rappelle la production participative d’un gros jeu Namco-Bandai : tout le monde vérifie, tout le monde valide. Ça prend du temps, mais le résultat gagne en fraîcheur.
Retour aux sources : Goku rajeuni et voyage démoniaque
Le concept de Daima aurait été pitché par Toriyama en personne avant son décès en 2024. Goku, Vegeta, Bulma et compagnie redeviennent enfants suite à un sort. Direction le Monde des Démons pour chercher l’antidote. Le fan inconditionnel y voit un clin d’œil à Dragon Ball GT, mais la série promet plus de liberté narrative.
Les premières minutes diffusées à l’Anime Expo 2025 montrent un mélange entre humour slapstick et combat éclair façon Broly : un Kinto-un flambant neuf, un roi démon qui collectionne les reliques de la Capsule Corporation, et même un caméo de Good Smile Company via une statuette méta dans la boutique de Baba la voyante. Résultat : hype immédiate, malgré les doutes sur la mémoire du réalisateur.
Signal fort pour l’industrie pop japonaise
Ce micmac prouve une chose : une franchise peut survivre aux oublis, à condition de s’appuyer sur une communauté engagée. Les forums Reddit, les spaces Twitter X, les débriefs Crunchyroll Watch Party servent d’archives vivantes. Studios, éditeurs, fabricants doivent écouter. Bandai ajuste déjà ses figurines SH Figuarts, Banpresto tease un diorama « Baby Saiyan », et Funimation retravaille la VOSTA pour coller aux nouveaux noms de techniques.
En filigrane, l’affaire rappelle qu’un mythe collectif appartient aussi aux fans. Yashima l’a reconnu en toute humilité. Le futur de Dragon Ball se jouera donc dans cette interaction permanente entre créateurs et audience. Alors, prêt pour le premier épisode ? Et toi, t’en penses quoi franchement ?
Source: www.bestmovie.it




